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L'Alta Rocca en VTT (du 01 au 08 septembre 2007)

L'Alta Rocca, "haute roche" en langue corse est la partie sud du relief montagneux de la Corse.
Pour l'organisation de ce voyage nous avons fait confiance à Europe Active, avec une location de vélo sur place, et à Jet Air pour notre transport de Bruxelles à Ajaccio. Si vous désirez faire cette aventure nous vous conseillons d'analyser d'autres formules sans doute moins chères notamment par la Sardaigne au départ de Charleroi (Gosselies) suivi de la traversée en bateau ou par l'Allemagne. 

Le 01 septembre sera consacré au voyage avec un départ de Bruxelles à 15h30 et l'arrivée à Ajaccio à 17h20.  Dès notre arrivée et notre installation à l'hôtel Kallisté, après un transfert de l'aéroport au centre d'Ajaccio pour 20€, nous contactons comme prévu notre loueur de VTT pour en définir les modalités de livraison.  Le loueur, après une heure vingt minutes de retard vient nous chercher à l'hôtel pour nous amener à son magasin où étrangement gisent deux "splendides" Jumpertrek Fusion de taille M, munis d'une fourche Zoom Ballistic de 55 mm, provenant probablement du Super U d'Ajaccio.  Nous ne faisons pas ouvertement part de notre étonnement et déception devant ces vélos qui devaient, suite à notre demande, correspondre à notre taille (soit un S et un XL) mais le loueur (en fait loueur de motos et de 4X4), n'y connaissant vraissemblablement rien en vélo, nous assure qu'il suffit de modifier la hauteur de selle.  Il nous confie deux cadenas, une pompe et un kit de réparation de crevaisons.  Malgré les réglages possibles, nous constatons aux premiers coups de pédales que ces vélos ne nous conviennent pas du tout et c'est dans le noir et la dense circulation d'Ajaccio que sans phares nous retournons vers l'hôtel.  Celui-ci occupe une maison ajaccienne de 1864 au coeur de la ville.  Derrière son entrée voûtée et ses vielles briques se cachent des chambres simples mais confortables (téléphone, télé, douche, accès internet gratuit, bonne literie) et un personnel très professionnel et sympathique.
Le 02 septembre, après avoir passé une nuit agréable mais bruyante, vu la situation au centre ville de l'hôtel, nous débutons par un somptueux déjeuner.  Nous enfourchons nos bécanes et partons à la découverte du golfe d'Ajaccio en direction des Iles Sanguinaires (Alphonse Daudet habita le phare des Sanguinaires en 1863 et consacra à la grande île une des Lettres de mon moulin), le long du littoral, jusque la pointe de La Parata.  Soit 27,3 km et 117 mètres de dénivelées. Sur cette distance, nous nous ferons souvent doubler et croiser par des cyclos semblant jouer les sprinters.  A l'occasion de cette petite sortie matinale nous aurons l'occasion de nous arrêter à la citadelle, toujours domaine militaire, et au cimetière des marins, ville des morts au coeur de celle des vivants. L'après-midi fut consacré à la visite touristique d'Ajaccio (place Général de Gaulle, place Foch, maison de Bonaparte, église Saint Erasme, ....) et à l'attente du bus de la société Euro Corse Voyage pendant laquelle nous avons pu observer le va-et-vient des touristes embarquant ou débarquant des Ferries reliant la Corse à d'autres côtes.

A 16h00, le bus nous conduira à Grosseto où nous laisserons nos bagages au propriétaire du gîte d'étape de Quasquara que nous rejoindrons après une ascencion sur route de 266 m sur 7,3 km à VTT.  Après avoir été gentillement accueillis par un chien nous entrons dans le gîte, où nous attendent déjà nos bagages. Nous nous installons dans ces lieux rafistolés par un piètre bricoleur (wc défectueux, lits branlants, etc.). Après une douche ravigorante, nous partons à la découverte de ce petit village de 30 âmes notamment composé d'une grande église à carillon, d'une mairie, d'une piscine, d'une salle des fêtes et d'une salle socio-culturelle.

Nous partagerons le repas du soir avec 8 randonneurs allemands, bruyants mais sympathiques à qui le patron a offert le vin alors que nous paierons le nôtre.  Quelle discrimination !!  D'autant plus que pour notre pique-nique du lendemain et le demi-litre de vin en pichet nous échangerons 15 euros.  La nuit fut calme sur une mauvaise literie et le déjeuner bien maigre.
Le 03 septembre.  Vers 9h00, nous démarrons pour Cozzano par un premier sentier très technique, où nous regrettons nos tout-suspendus. Dès le début, malgré tous nos efforts pour l'éloigner nous avons un compagnon de randonnée, un chien que nous allons finalement appeler Napoléon. Europe Active nous avait annoncé 1h10 pour parcourir les 10,5 premiers kilomètres.  Raté.  Ca s'annonçait difficile, ce fut épouvantable !  Pour nous il a fallu 5 heures de lutte.  Jusqu'au col d'Arusula (1206 mètres) en passant par Frasseto, Napoléon court à nos côtés, çà se passe sans problème, il éloigne les cochons qui encombrent les sentiers pour que nous puissions passer sans difficulté, on le prendrait pour notre guide.  Nous avons l'impression d'être Bourvil et Louis de Funès dans la "Grande vadrouille" lorsqu'ils traversent la ligne de démarcation accompagnés de leurs chiens.  Du col d'Arusula jusque Guitera-Les-Bains, c'était l'enfer, des heures de calvaire, blessés par les ronces, les genêts, les roches et autres arbustes trop secs, nous progressons lentement, trop lentement sur un "chemin", un passage à peine visible.  Nous portons plus que nous roulons.  Ce n'est plus du VTT, c'est de la torture.  C'est à peine si nous savons où nous sommes.  Le seul repère, c'est le GPS qui confirme que nous sommes sur la bonne piste.  Les 10,5 km en font plus ou moins 16 en réalité (en 5 heures d'où une moyenne de 3,2 kmh).  A Guitera, une fontaine nous donne quelques litres d'eau, Napoléon prend un bain de pattes et boit jusqu'à plus soif. Pour lui c'est maintenant que ça se "Corse" car c'est là que les sentiers font place à la D28.  Ca roule tout seul et vite en plus !  Napoléon galope aussi vite qu'il peut et arrive complètement épuisé à Giovicacce où nous demandons à un ami des bêtes (et d'après lui pas des hommes) si nous pouvons téléphoner au gîte de Quasquara afin de savoir s'il s'agit de leur chien.  Gagné, il est à eux.  Le brave homme enferme le chien en attendant que quelqu'un vienne le chercher.  Nous n'avions pas fait 200 mètres que Napoléon courait de nouveau à nos côtés.  Nous finirons quand même par partir sans lui et choisirons de rester sur la D28 jusque Sampolo, afin d'éviter le Mare a Mare (sentier de randonnée bien connu) prévu par Europe Active. Courageusement on décide de reprendre le Mare a Mare après Sampolo et commençons à suivre son balisage orange.  Nous n'allons pas tarder à regretter notre choix.  Fidèle à lui-même ce sentier nous lacère à nouveau bras et jambes, voire même le visage.  Après une petite pause, bain de pieds, dans la rivière "Le Taravo" un nouveau chemin de croix nous attend. Un kilomètre en 25 minutes, c'est presque de l'escalade avec les VTT en guise de lest.  Nous arrivons enfin au village où nous nous ravitaillons dans une petite épicerie aux prix surfaits et où nous demandons l'emplacement du gîte "Bella Vista".  Celui-ci est situé 800 mètres après le village et nous y sommes chaleureusement accueillis.  Ca à l'air bien, on verra.  En tout cas demain on se repose !!  Une question nous assaille, les organisateurs du voyage ont-ils déjà posé leurs crampons (de VTT) dans les chemins qu'ils nous ont fait parcourir ? Nous sommes sûrs que c'est NON !  Après un copieux et déliceux souper (potage, saucisson corse et rillettes, ragoût de veau pois carottes, fromage et flan caramel) en bonne compagnie de deux Français et d'un Namurois, nous passons une nuit réparatrice sur des lits trop courts mais confortables.
Le 04 septembre, sous les encouragements de notre hôte, nous changeons d'avis et décidons de faire l'étape prévue vers le col de Verde.  Nous ne le regretterons pas et cela nous permettra de nous réconcilier avec le VTT en Corse.  Après un petit déjeuner rikiki, deux tasses de café, du pain sec et de la confiture, nous nous élançons par la D69 vers Palneca que nous contournerons entièrement jusqu'à la piste qui va nous mener au col.  Une belle piste recouverte de sable et de gravillons bordée de cochons et de vaches qui semblent s'interroger de nous voir-là. On dirait que les VTT sont rares dans la région.  Cette piste n'en finit pas de monter jusque l'aire de pique-nique de Verde à 1265 mètres.  C'est là que notre piste croise le GR 20 que nous allons suivre pendant un kilomètre en passant par le col (alt. 1289 m).  Comme de bien entendu, le GR 20 est vite impraticable mais nous le laisserons vite aux randonneurs pour emprunter une belle piste forestière que nous ne quitterons plus jusque la chapelle Saint Antoine située 11 kilomètres plus loin et 140 mètres plus bas. C'était descendant et particulièrement agréable après les souffrances de la veille.  Une petite pause réparatrice et 1,5 kilomètre plus loin, nous retrouvons le sinistre balisage orange du Mare a Mare qui étrangement suit cette magnifique piste par laquelle nous descendons vers Cozzano.  Un panneau indique notre but par une sentier qui s'enfonce dans la forêt.  Nous devrions le suivre mais l'expérience de la veille nous fait hésiter.  Piste ou sentier ?  Tant pis si c'est pénible, nous choisissons le sentier et nous n'allons pas le regretter, c'est un sigle-track extraordinairement technique, tout en descente, avec passages de gués, slalom entre roches et racines, marches, etc.  3,5 kilomètres de pur bonheur pour vététistes au bout desquels nous retrouvons la piste forestière que nous avons quittée 250 mètres (de dénivelé) plus haut.  C'est 400 mètres plus bas que, par une quantité incroyable de lacets et virages, nous entrons dans Cozzano et rejoignons notre gîte.  Le ciel est gris, on dirait qu'il va pleuvoir et, en effet, une heure plus tard les premières gouttes commencent à tomber.  L'averse ne durera pas. 
Cette journée passée sur de magnifiques chemins et pistes nous a semblé particulièrement fraîche et nous a réconcilié avec les sentiers corses. Pourvu que ça continue comme cela.
Le repas du soir nous a paru particulièrement maigre :  soupe, concombres et tomates, omelette aux pommes de terre.  On se demande même ce qu'il serait advenu du dessert si nous ne l'avions pas demandé.
Une nuit sans sommeil nous conduira au 05 septembre.

Ce petit séjour nous aura permis de découvrir un mode de vie bien différent du nôtre.  Ici, très peu de clôtures, les cochons et les vaches errent où bon leur semble, les chiens ne courent pas après nous avec la ferme intention de nous attraper les mollets mais bien de nous accompagner dans notre voyage.   
Le voyage de l'Alta Rocca proposé par Europe Active est accessible à tous ceux qui ont un bon niveau physique.  Le bagage technique n'est pas une priorité pour ce type de circuit.  Si vous voulez éviter les trop fortes chaleurs de l'été, les mois du printemps et le mois de septembre sont les plus appropriés  (sans oublier un coupe-vent indispensable dans la montagne).  Tenez compte qu'à partir du mois d'octobre, la plupart des gîtes auront fermé leurs portes.
En ce 05 septembre 2007, le petit déjeuner est le même que celui de la veille, c'est-à-dire pas grand chose.  Programme du jour, rejoindre Quenza et ses 213 habitants en passant par les bergeries de Bassetta et le mont Castellu D'Ornucciu, une balade de 49,1 kilomètres pour 1238 mètres de dénivelées positives et 1100 mètres de dénivelées négatives.  Nous nous élançons par la D69 vers Zicavo où nous comptons acheter quelques timbres et victuailles pour la journée. Ca monte sans arrêt pendant 4 kilomètres mais nous arrivons bien avant l'ouverture de la poste.  Attente, achats et nous reprenons notre ascension, 350 mètres de dénivelées, jusqu'à la D428 où nous sommes à nouveau suivi d'un chien errant qui nous fait pitié.  Il est maigre et affublé d'une cloche qui mettrait à mal toutes ses tentatives de chasse.  Nous sommes cependant obligés de le faire fuir et ne pouvons le nourrir au risque de le voir nous accompagner.   Espérons cependant que la femme en pyjama marchant  sur le bord de la route au milieu de nulle part aura pu s'occuper de lui.  Revenons à notre ascension, elle était facile, c'était sur de l'asphalte sur une pente régulière.  La D428 change la donne, la pente s'accentue, il y a plein de vaches et de cochons sur les côtés.  Au fur et à mesure de notre ascension, la route se dégrade pour finalement se transformer en piste sablonneuse.  La forêt domaniale du Coscione nous protège des rayons brûlants du soleil de Corse presque jusqu'aux bergeries de Bassetta.  Il y a moyen de s'y restaurer, un menu à 20€, un plat du jour à 10€, le café à 1€ et les boissons fraîches à 2€.  Ici encore le chien de la bergerie tentera de nous suivre malgré les appels de sa maîtresse.  La piste nous conduit à la chapelle de San Petru où nous remplissons les Camelbaks de l'eau fraîche d'une source.  Nous sommes à 1450 mètres d'altitude et c'est là que nous verrons les seuls vététistes dans la montagne corse durant notre voyage.  Ceux-ci ont choisi de monter jusqu'à cette altitude en voiture et d'y débarquer les VTT.  C'est plus facile mais ils ont raté l'ascension et la fatigue qui l'accompagne ! Le paysage devient splendide, sa vue récompense tous les efforts consentis jusqu'ici.  Nous frôlons la bergerie de Cavallara et mettons pieds à terre pour la première fois aujourd'hui à hauteur de la bergerie Croce.  Pendant 800 mètres, le chemin ressemble au lit asséché d'un torrent. Passé cet obstacle, nous atteignons le point culminant de notre circuit à 1641 mètres d'altitude. Nous pouvons entamer la descente sur une piste rapide et ludique parsemée de virages relevés, de bosses et de fosses et de quelques roches affleurantes.  Nous nous dirigeons vers le mont Castellu d'Ornucciu et c'est là que nous rencontrons le premier troupeau de chèvres de notre voyage.  Nous tentons de le traverser et sommes tenus à distance par les chiens de berger qui exécutent admirablement bien leur travail.  Pas de berger humain à l'horizon.  Nous laissons le mont à notre gauche et rejoignons rapidement le centre de ski de fond non sans avoir une fois encore croisé de paisibles ruminants et effrayé d'appétissants gorets.   A l'abri Bücchinera, un kilomètre plus loin, la piste se transforme en route.  Nous dévalons joyeusement 675 mètres sur une descente ultra rapide et sinueuse qui nous mène à Quenza.  Une montée à 10 % pendant 700 mètres nous casse les jambes. Nous sommes devant notre gîte qui est fermé.  Le gîte Corse Odyssée est fermé. Deux heures d'attente.  Retour au village, quelques achats, quelques photos, une glace, une bière et retour au gîte.  Ouf on y est !  
Le Corse Odyssée est chaleureusement et admirablement décoré, à l'aide de meubles de récupération rénovés et recouverts de couleurs chaudes, avec notamment son salon de style marocain.   Nous nous installons sur la mezzanine du dortoir de 7 personnes et profitons des commodités en attendant le repas tardif de 20h.  Heureusement il fut à la hauteur de notre attente  et nous partagerons avec les randonneurs de notre gîte le vin, une quiche aux courgettes, un couscous et quelques fruits.   La nuit fut calme et reposante malgré les quelques ronflements de nos compagnons de chambre.
Le 06 septembre, découverte des aiguilles de Bavella.  C'est avec plaisir que nous prenons un petit déjeuner plus varié et plus copieux (jus de fruit, yaourt, pain grillé) qu'aux autres gîtes.  Repus nous partons en direction de la D420 qui nous offre une descente de 4 kilomètres avant une côte de 3 kilomètres qui nous fait entrer dans Zonza, un village perché à 784 mètres d'altitude.  Nous nous y arrêtons quelques instants, le temps de constater que Zonza est victime d'une importante circulation automobile.  Il nous faut maintenant atteindre le col di Pelza, ça va de nouveau monter longtemps et ajouter un dénivelé de 175 mètres.  La fatigue des trois jours précédents commence à s'installer, c'est donc avec soulagement qu'au col, nous nous dirigeons en descente vers Porto-Vecchio.  Nous avons omis de lire les instructions fournies par Europe Active et comme punition, nous avons raté le chemin qu'il nous fallait suivre vers la forêt domaniale de Zonza.   Et par la même occasion nous nous sommes offert un détour de 3 kilomètres.  Le chemin forestier qui conduit aux pieds des aiguilles de Bavella passe par la source de Taculaghja et nous fait longer l'hippodrome de Viseo.  Nous ne verrons ni l'une ni l'autre tellement le chemin est exigeant pour nos jambes.  Le passage le long ruisseau d'Asinao nous fait croiser la route de deux chiens perdus dont les colliers garnis de clochette font fuir toutes les proies qu'ils pourraient convoiter.   Nous nous débarrassons facilement d'eux et abordons le premier mur de la rando.  Par loin de 35 % sur 250 mètres, nous voilà devenus piétons.  Vivement la descente mais pour cela il va falloir patienter et encore pousser les VTT sur un autre mur et puiser dans nos réserves pour vaincre les deux derniers.  A 1074 mètres ça commence à descendre vers Scapa di Noce, un hameau de quelques maisons d'un autre âge qui chez nous serait abandonnées.   Nous y rejoignons l'asphalte de la D520, mais pas pour longtemps car celle-ci en même temps qu'elle commence à monter très fort se transforme en terre pendant 3 kilomètres jusque Cantoli.  De là c'est presque la chute libre jusque Quenza où nous dégustons une Torra, bière à l'Arbouse, en mangeant une délicieuse pizza au "Bar des sports".  Il ne reste qu'à grimper jusqu'au gîte, dur dur d'être vététistes.  Nous aurons parcourus ainsi 46.5 kilomètres et 1160 mètres de dénivelées.  Douche, petite sieste, relax jusqu'au souper.  Pourvu que ce soit aussi bon que la veille.  L'excellent cuisinier nous a en effet concocté un très bon repas (carottes et tomates à la cannelle en entrée, pain de viande et cannellonis à la Boccia en plat principal et crêpe suzette à l'ananas comme dessert).  Vraiment un gîte de luxe tenu par des personnes très gentilles.
Le 07 septembre.  Nous plions nos bagages qui une fois de plus seront transportés vers notre prochaine étape.   Nous commençons par réparer une crevaison (la deuxième de notre périple) et parcourons les mêmes 15 premiers kilomètres que la veille où nous nous amuserons encore dans les descentes rapides et sinueuses.  La différence c'est que nous continuons sur la D368 jusque l'embranchement avec la piste de Bocca di Barocaggio.  Nous en profitons pour faire un détour par le barrage de l'Ospedale et rejoignons enfin la piste.  Si le parcours par toutes ces départementales est un peu lassant, la descente de la piste de Bocca di Barocaggio est vraiment enivrante, sa glisse partout, ça tabasse avec les cailloux et rochers affleurants et, tout ces virages relevés sont un vrai régal à négocier.  Nous partons de 986 mètres pour arriver à Carbini à 558 mètres sur environ 7 à 8 kilomètres.  Là, nous en profitons pour prendre un repas, faire quelques photos de l'église romane San Giovanni datant de la fin du XIème siècle, avant d'attaquer les 9 derniers kilomètres.  Ceux-ci se feront en deux temps : une grosse descente et une non moins grosse côte.  Nous dégringolons jusque 371 mètres par une série incroyable de virages sur une belle route asphaltée.   C'est grisant, ça descend tout seul, c'est facile, trop facile, une côte se présente à nous, ça va monter jusqu'à l'arrivée 5 kilomètres plus loin et 260 mètres plus haut.  La terrible chaleur nous déshydrate et nous atteignons le gîte de Lévie 2h30 avant son ouverture.  Nous clôturons ainsi notre voyage VTT par 44,4 km, 845 mètres de dénivelées positives et 1150 mètres de dénivelées négatives.   Nous abandonnons les VTT devant le gîte et partons visiter le village et son musée.   Ouvert depuis le mois de mai 2007 et inauguré début septembre, il propose une exposition temporaire sur le personnage de BD Rahan créé en 1969 par Roger Lécureux et André Chéret.  A part cela c'est un musée archéologique exposant les découvertes faites dans la région de Lévie (site de Cucurruzu) à travers la période néolithique, l'âge du bronze, l'âge du fer et enfin le Moyen Age.   On notera la présence de l'unique vestige humain prénéolithique (6570 avt JC) découvert en Corse, "la dame de Bonifacio". 
Le 08 septembre, nous nous levons à 4h50 pour ficeler nos bagages et prendre le petit-déjeuner.  C'est sûrement un des plus copieux du voyage et heureusement car nous ne devrions arriver à Ajaccio qu'à 09h15.  Prêts à 6 heures, nous trainons nos VTT et sacs de voyage jusqu'à l'endroit où un car de la société "Alta Rocca Voyages" est sensé passer à 6h15 et nous conduire à Ajaccio.  A cette heure mâtinale, les fêtards n'ont pas encore fini leur nuit et les très nombreux chasseurs sont déjà armés pour leur prochain massacre.  Bizarrement, le petit car arrive avec 10 minutes d'avance.   Nous chargeons les VTT et les sacs dans la remorque, embarquons et payons les 40,4€ demandés pour conduire deux personnes et deux vélos à Ajaccio.  Il fait encore nuit noire.  Le chauffeur lance son car à l'assaut des routes en lacets, escaladant les cols et les dévalant en prenant tous les virages à la corde, faisant crisser les pneus chaque fois qu'il faut tourner.  Au lever du jour, ce manège cesse.  N'ayant plus les phares des véhicules qu'il croise pour se guider, le chauffeur devient enfin plus prudent et nous, nous sommes rassurés.  Nous traversons des paysages fort différents de ceux que nous avions vus lors des étapes à VTT, des cultures, des plaines, même le bétail à l'air enfermé dans des pâtures.  Le car s'arrête régulièrement pour prendre d'autres passagers, certains payent, d'autres pas.  Après un peu moins de trois heures nous arrivons à la gare routière d'Ajaccio.  Deux choses sont certaines, si vous devez prendre ce type de transport en Corse, arrivez 10 minutes avant l'heure prévue car le chauffeur ne vous attendra pas et prévoyez quelques protections pour votre VTT. Nous contactons le loueur de vélo qui vient rapidement chercher les VTT là où nous sommes, déposons nos sacs à l'hôtel Kallysté qui nous avait accueilli le jour de notre arrivée et partons nous balader à pieds cette fois dans les rues de la ville.  Nous profitons des heures qui nous séparent de notre retour pour faire quelques derniers achats dans les boutiques d'Ajaccio et prendre un très bon repas dans une brasserie. Pour le retour nous avons, cette fois, choisi le bus qui, en 15 minutes et pour 4,5€ chacun, nous dépose à l'aéroport d'Ajaccio. L'embarquement de 17h20 ne se fera qu'à 18 heures et le décollage à 18h20 avec un retard de 10 minutes.  Nous atterrissons à Zaventem à l'heure prévue :  20h10.
  
 Corse 2007