Le 03 septembre. Vers 9h00, nous démarrons pour Cozzano par un premier sentier très technique, où nous regrettons nos tout-suspendus. Dès le début, malgré tous nos efforts pour l'éloigner nous avons un compagnon de randonnée, un chien que nous allons finalement appeler Napoléon. Europe Active nous avait annoncé 1h10 pour parcourir les 10,5 premiers kilomètres. Raté. Ca s'annonçait difficile, ce fut épouvantable ! Pour nous il a fallu 5 heures de lutte. Jusqu'au col d'Arusula (1206 mètres) en passant par Frasseto, Napoléon court à nos côtés, çà se passe sans problème, il éloigne les cochons qui encombrent les sentiers pour que nous puissions passer sans difficulté, on le prendrait pour notre guide. Nous avons l'impression d'être Bourvil et Louis de Funès dans la "Grande vadrouille" lorsqu'ils traversent la ligne de démarcation accompagnés de leurs chiens. Du col d'Arusula jusque Guitera-Les-Bains, c'était l'enfer, des heures de calvaire, blessés par les ronces, les genêts, les roches et autres arbustes trop secs, nous progressons lentement, trop lentement sur un "chemin", un passage à peine visible. Nous portons plus que nous roulons. Ce n'est plus du VTT, c'est de la torture. C'est à peine si nous savons où nous sommes. Le seul repère, c'est le GPS qui confirme que nous sommes sur la bonne piste. Les 10,5 km en font plus ou moins 16 en réalité (en 5 heures d'où une moyenne de 3,2 kmh). A Guitera, une fontaine nous donne quelques litres d'eau, Napoléon prend un bain de pattes et boit jusqu'à plus soif. Pour lui c'est maintenant que ça se "Corse" car c'est là que les sentiers font place à la D28. Ca roule tout seul et vite en plus ! Napoléon galope aussi vite qu'il peut et arrive complètement épuisé à Giovicacce où nous demandons à un ami des bêtes (et d'après lui pas des hommes) si nous pouvons téléphoner au gîte de Quasquara afin de savoir s'il s'agit de leur chien. Gagné, il est à eux. Le brave homme enferme le chien en attendant que quelqu'un vienne le chercher. Nous n'avions pas fait 200 mètres que Napoléon courait de nouveau à nos côtés. Nous finirons quand même par partir sans lui et choisirons de rester sur la D28 jusque Sampolo, afin d'éviter le Mare a Mare (sentier de randonnée bien connu) prévu par Europe Active. Courageusement on décide de reprendre le Mare a Mare après Sampolo et commençons à suivre son balisage orange. Nous n'allons pas tarder à regretter notre choix. Fidèle à lui-même ce sentier nous lacère à nouveau bras et jambes, voire même le visage. Après une petite pause, bain de pieds, dans la rivière "Le Taravo" un nouveau chemin de croix nous attend. Un kilomètre en 25 minutes, c'est presque de l'escalade avec les VTT en guise de lest. Nous arrivons enfin au village où nous nous ravitaillons dans une petite épicerie aux prix surfaits et où nous demandons l'emplacement du gîte "Bella Vista". Celui-ci est situé 800 mètres après le village et nous y sommes chaleureusement accueillis. Ca à l'air bien, on verra. En tout cas demain on se repose !! Une question nous assaille, les organisateurs du voyage ont-ils déjà posé leurs crampons (de VTT) dans les chemins qu'ils nous ont fait parcourir ? Nous sommes sûrs que c'est NON ! Après un copieux et déliceux souper (potage, saucisson corse et rillettes, ragoût de veau pois carottes, fromage et flan caramel) en bonne compagnie de deux Français et d'un Namurois, nous passons une nuit réparatrice sur des lits trop courts mais confortables.