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La rando-marathon du Lachens à la mer va nous faire découvrir le département du Var que nous allons parcourir du Nord au Sud en partant de son point culminant, le Mont Lachens.
L'arrivée, au bord de la Méditerranée, sera jugée aux Issambres, sur la plage de San-Peïre, après nous avoir fait traverser les massifs préalpin et de l'Estérel, la plaine de l'Argens et, finalement, le massif des Maures.

Donc, partis presque du sommet du Mont Lachens, ce géant qui domine le Var du haut de ses 1715 mètres, nous empruntons rapidement un chemin de grande randonnée, le GR49, vers le château d'Esclapon.  Il s'agit d'une ancienne bâtisse qui faisait partie de l'abbaye Saint Victor de Marseille.  Il est situé dans une petite bourgade de 192 habitants.
Nous atteignons le premier ravitaillement à Mons (15ème kilomètre, altitude 803 mètres) après une extraordinaire descente parsemée de passages techniques qui font mettre pied à terre à de nombreux bikers. A notre disposition, du café, du thé, des gâteaux, du chocolat, etc.  Déjà quelqu'un avertit les organisateurs de la chute d'un concurrent.  Ce n'est sans doute pas le premier et, à coup sûr, pas le dernier.
Un dérailleur récalcitrant nous empoisonne déjà dans la traversée du bois communal de Valbouissole.  Ce souci mécanique n'annonce rien de bon pour les 80 kilomètres que nous devons encore parcourir. Heureusement, le contournement du camp militaire de Canjuers et le passage dans les hameaux du Peyron du Bouquet et du Baguier ne présente pas trop de côtes.  Deux chemins en lacets nous attendaient dans cette partie de la rando pour parfaire notre technique en virage. 
A l'entrée du village de Seillans, le second ravitaillement nous attend devant la chapelle Notre-Dame de Selves (36ème kilomètre, altitude 341 mètres). Pour les touristes que nous ne sommes pas aujourd'hui, cette chapelle est construite sur les ruines d'un temple romain.  Ce qui nous importe, c'est le ravitaillement avec ses pains, charcuterie, fruits secs, biscuits, vin et autres boissons et plus encore, de venir à bout de notre problème mécanique.  C'est justement ici que les organisateurs ont eu la bonne idée de placer un atelier "Bouticycle" dont un excellent mécanicien a, d'un coup de baguette magique, fait disparaître nos soucis de dérailleur.
Pour être complet, Seillans est aussi le point de départ de la rando de ceux qui ont choisi le parcours de 64 kilomètres.
Les 16 kilomètres qui nous séparent du troisième ravitaillement présentent déjà plus de dénivelé positif.  Merci encore au mécano car le dérailleur fonctionne à merveille dans toutes les côtes qui traversent les forêts de Saint-Paul, du Rouet et de la Colle du Rouet (celle-ci est une réserve Natura 2000 destinée à protéger une quarantaine d'espèces d'oiseaux).
Un passage par le mas Christian (c'est quoi ce mas ?) et nous arrivons à Fontaine des Chasseurs (52ème kilomètre, altitude 405 mètres) où l'on nous sert des jus de fruits, du pain, des gâteaux et des fruits.
La moitié du parcours n'est déjà plus que souvenirs et nous sommes étonnés de notre bonne forme après 52 kilomètres.  Le peu de dénivelé positif accumulé jusqu'ici n'y est sans doute pas étranger.
Nous quittons donc Fontaine en direction des "Pradineaux" en Dracénie (lisez région de Draguignan).  Une petit visite aux Roches de la Fille d'Isnard pour ceux qui la connaissent et pour les géologues et nous voilà à la maison forestière des Pradineaux. Seulement 8 kilomètres séparent les ravitaillements 3 et 4.  Ce dernier nous invite au château du Rouet (60ème kilomètre, altitude 120 mètres) où nous recevons du pain d'épices, des pâtes de fruits et des jus de fruits.  Ce château est installé dans la commune du Muy aux pieds des roches rouges sur les premiers contreforts de l'Estérel.
L'étape suivante est décisive, le prochain ravitaillement doit être rejoint avant 16H30 pour ne pas être éliminé (pour raison de sécurité !).  Grâce à l'avance confortable que nous avons prise sur un timing pas trop serré, nous devrions être dans les temps.
Les massifs préalpin et de l'Estérel sont derrière nous, c'est ici que commence la longue traversée de la Plaine de l'Endre et ensuite de l'Argens avec leurs nombreuses petites montées et descentes.  Quelques single-tracks et une piste pour cavaliers très roulante agrémentent cette étape avant l'arrivée sur la route nationale qui nous fera entrer dans Roquebrune-sur-Argens.  Quelques centaines de mètres dans les rues du village et plongée dans un impressionnant escalier suffisamment raide et cassant pour inciter certains à un peu de prudence.
Le kilomètre 76 est atteint en même temps que le cinquième ravitaillement (76ème kilomètre, altitude 80 mètres).  Ici, on nous propose du pain d'épices, des pâtes de fruits et des jus de fruits.
Nous sommes largement dans les délais et, pour nous, la rando est sauvée.  Pour certains, c'est l'abandon, peut-être savent-ils que les derniers kilomètres ne seront pas de tout repos.
Direction "les Clapiers" par un petit raidillon qui nous durcit les jambes juste après le ravitaillement.  Dix kilomètres, une grosse bosse à franchir et les pains d'épices, pâtes de fruits et jus de fruits nous tendent les bras, au milieu de nulle part, c'est le dernier ravitaillement (86ème kilomètre, altitude 105 mètres).
Ce qui reste à parcourir ne devrait être qu'une formalité mais le col du Bougnon et ses deux petites ascensions (dénivelé de 100 mètres au kilomètre 87 et de 130 mètres au kilomètre 91) se dresse entre nous et l'arrivée.  Lentement mais sûrement, nous atteignons le col et c'est par quelques kilomètres de descente sur route que nos VTT's nous conduisent, par un passage sous--terrain, sur la plage de San-Peïre (la Garonnette) où nous tombons dans le sable.
Ca n'a pas été facile pour tout le monde et nous méritons certainement les boissons, la soupe au Pistou, le diplôme de réussite de l'épreuve et le sac à eau (sans la poche) aux couleurs de la rando du "Lachens-Mer".

Si pour nous la rando s'est déroulée sans incident important, d'autres n'ont pas eu cette chance.  En effet, six bikers ont été éliminés au kilomètre 76 à Roquebrune-sur-Argens et dix autres ont dû être évacués pour de sérieuses blessures.  Quelques-uns, plus veinards, s'en sont sortis avec quelques égratignures ou foulures.  On ne répétera jamais assez que prudence rime avec VTT.

Cette rando à but humanitaire (financement de la construction d'un moulin à mil en Pays Dogon au Mali et d'un spectacle pour les anciens de Roquebrune-sur-Argens en France) était irréprochable dans son organisation.  Tous les carrefours et endroits potentiellement dangereux pour les bikers étaient occupés par des signaleurs.  Pas moins de huit postes de pointage répartis sur le parcours permettaient de toujours savoir dans quelle zone se trouvait chaque vététiste.  Les six ravitaillements magnifiquement achalandés ont permis à chacun d'entre-nous de s'alimenter à temps.

En un mot : Excellent !    La rando à faire absolument hors esprit de compétition avec un VTT idéalement équipé d'une fourche de 100 millimètres.                                                                                                   
Rando-marathon, le Lachens-Mer est certainement le plus beau parcours que nous ayons pu découvrir lors de nos escapades à VTT. Encore fallait-il arriver à prendre le départ ! Nous avions opté pour le transport en bus (pour les bikers) et camion (pour les VTT’s) de l’arrivée (aux Issambres) au départ (le mont Lachens). Le départ dudit bus étant prévu à 6 heures le matin du 17 mai 2007, nous nous levons à 4 heures pour parcourir les 100 kilomètres (en voiture) qui nous séparent des Issambres, retirer nos dossards, charger les VTT’s et enfin monter dans le bus qui malheureusement ne partira qu’à 6h30. Ouf, on est parti !
Péripéties.
Quelques VTT’s ont été chargés et "attachés" sur une remorque tirée par une camionnette.  A hauteur de Comps-sur-Artuby le dernier VTT de la série a décidé de faire le parcours sans son biker et s’est donc détaché de la remorque pour tomber sur sa roue arrière puis, avant, à l’insu du chauffeur qui a dû être averti de l’incident par le passager d’une voiture ayant assisté à la gamelle sans pilote.  A priori, le VTT n’a presque rien, son biker le récupèrera au sommet.
Peu après Comps-sur-Artuby "la maudite", un des bus et ses 50 bikers est dépassé par le véhicule d’un concurrent pressé sur une de ces départementales sinueuses qui parcourent les montagnes de France. Evidemment, dans ces virages sans visibilité suffisante, il ne fallait pas dépasser et ce qui devait arriver arriva ; une voiture arrive en face et c’est la collision frontale. Là où ça coince, c’est qu’une des voitures est projetée sur le bus (merci encore au chauffeur qui a su maîtriser sa machine et ne pas nous précipiter dans le ravin tout proche). Nous sommes bloqués en attendant les secours (il va falloir désincarcérer le conducteur d’une des voitures), et surtout le constat de la gendarmerie. Pour nous, c’est encore une heure perdue et peut-être même la rando car il est obligatoire sous peine d’élimination d’arriver à 16h30 au kilomètre 76.
Le bus poursuit enfin sa route. Jusque 8 heures, la circulation descendant le Lachens est interdite pour permettre au bus de monter sans encombre sur cette route trop étroite. Cependant, il est bien plus tard et le chauffeur doit se battre avec le flot des 400 voitures qui ont commencé à descendre du plus haut sommet du Var.
Enfin, à 9h43, après une courte interview, nous sommes presque les derniers à partir et franchissons la ligne de départ sur un mont Lachens presque désert de ses 700 bikers.
  
 du Lachens à la Mer
déniv. +  : 1801 m
déniv. -   : 3285 m